Un nouveau crÉneau

un salon de coiffure equitable

Helena Duson (23 ans) a aménagé son salon de coiffure « équitable » avec des produits de récupération, en a fait un lieu récréatif et même un espace de rencontre pour le quartier. Une initiative originale qui lui a déjà valu deux prix d'entreprenariat.

Grâce à un microprojet novateur, vous avez remporté un prix au concours Enterprize. Pourquoi avez-vous pris part à cette compétition ?

Tout a commencé par la formation NFTE (Ndlr : le NFTE est une organisation américaine qui encourage l'esprit d'entreprise auprès des jeunes peu qualifiés) que j'ai suivie au VDAB. En avril, NFTE Belgium m'a envoyée représenter la Belgique à l'événement Global Young Entrepreneur of the Year à New York. Par la suite, j'ai aussi pris part à Enterprize.

Votre salon de coiffure est aussi un salon d'art, un lieu de rencontre et une entreprise soucieuse de l'environnement. Expliquez-nous votre concept.

J'ai suivi une formation en coiffure et en gestion d'entreprise en cours du soir, et j'ai ouvert le salon en janvier 2008. Il s'agit, en réalité, du prolongement de ma façon de vivre : simple, sans grand luxe. La décoration est composée de matériaux recyclés, que j'ai chinés ou trouvés à côté de poubelles. C'est ainsi que j'ai pu me lancer avec un budget limité. Je n'ai pas fait d'emprunt. Mon budget pour l'aménagement s'élevait à 1.700 euros, et la maison appartient à ma mère. J'ai beaucoup fabriqué moi-même : l'enseigne, le logo, mais aussi les photos au mur, sur lesquelles les clientes peuvent découvrir mon style de coiffure. Les mannequins des photos sont des copines, qui portent des vêtements que j'ai conçus et confectionnés moi-même avec des tissus récupérés. De nombreuses clientes m'ont déjà réclamé ces vêtements, mais je ne les ai pas encore commercialisés. En revanche, les tableaux et les bijoux, que j'ai réalisés moi-même également, sont à vendre. Je travaille aussi avec des marques et des produits respectueux de l'environnement.

Comment votre entourage a-t-il réagi ?

Nombre de profs et d'amis m'ont dit au début que j'allais devoir changer la décoration du salon et changer mon propre style. Mais j'ai quand même réussi à imposer ma vision. Au début, je distribuais des feuillets publicitaires dans les boîtes aux lettres, mais aujourd'hui, c'est surtout le bouche à oreille qui oeuvre en ma faveur. Le nombre de clientes augmente progressivement. Certaines m'amènent spontanément des vêtements dont elles n'ont plus besoin, et que je refile alors à d'autres clientes auxquelles ils peuvent encore servir. Ou elles m'apportent des essuies ou des objets à intégrer dans la décoration.

Avez-vous fait une étude de marché avant de vous lancer ?

Oui. On ne me connaissait pas encore dans le quartier. J'ai pris des photos des listes de prix affichées dans les autres salons de coiffure. J'ai vite constaté que les prix manquaient de transparence et que les autres salons étaient exploités par des personnes d'une autre génération. En termes de prix, je me suis positionnée au centre, mais j'ai séparé tous les tarifs. Le salon se trouve dans un quartier social et certaines personnes veulent juste se faire couper les cheveux, sans shampoing par exemple. De cette manière, les prix sont très démocratiques. Je participe aussi à des projets sociaux dans le quartier. Plus tard, j'aimerais créer un collectif et mettre sur pied un système de troc.

www.myspace.com/kapsalonhelena

 

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